Ce blog reprend après quelques années de vide. J'ai d'ailleurs relu quelques postes, au passage, et je suis surprise de voir que si ma vie a beaucoup changé, il y a finalement peu de choses que je changerais sur mon blog (sauf le design mais ça ne compte pas).
En toute honnêteté je ne pensais pas reprendre la plume, mais là il y a un sujet qui me gratte comme le dirait Fred Vargas et quand ça gratte il faut gratter jusqu'au bout. Comme les piqures d'araignée de la guerre d'Espagne. Pour ceux qui ne comprennent pas, il ne vous reste plus qu'à inscrire Fred Vargas dans votre liste de lecture (je vous conseille Un lieu incertain, mon préféré).
Après cette longue introduction je vais venir au sujet : le voile.
Je dois avouer que c'est un sujet qui mûrit depuis longtemps chez moi. J'y pense souvent mais je ne sais pas toujours comment le penser. Alors j'essaye de lire, de cogiter... Il y a tant à dire que je le ferai en 2 postes. Le premier va retracer mon cheminement et brosser le contexte de celui-ci. Le deuxième... et bien vous verrez bien.
Le voile comme une affirmation adolescente
Le prologue de ma réflexion à commencé pré-ado en regardant un film de fiction avec mes parents sur ces adolescentes qui s'étaient battues pour porter le voile au collège. A l'époque je m'étais un peu opposé à eux qui me disaient que le problème était que ce voile était imposé par la famille. "Oui mais si il ne l'est pas ? Quand bien même ce serait le choix d'une seule de ces filles, doit-on l'infantiliser, nier son libre arbitre sous prétexte que pour d'autre il est imposé ?". Certes la crise d'adolescence pointait mais la question 15-20 ans après demeure. Que faire de ce choix délibéré ? Doit-on l'ignorer ? Doit-on lui opposer le non-choix ("tu ne peux pas choisir ce qui est un non-choix pour d'autre") ? Doit-on prendre en compte ce qui le sous-tend ? Vu l'age des filles et vu ma propre réaction (j'avais un âge similaire) il était évident que le voile servait ici d'affirmation de soit. La société entière se retrouvait, à mon sens, ébranlée par... un bête crise d'adolescence.
On était à la fin des années 90, début des années 2000.
La fille du "groupe de 10h00"
L'acte 1 de ma réflexion a commencé il y a quelques années (6-7 ans il me semble) quand je prenais régulièrement le bus à une heure creuse (10 heure, je crois) et que je croisais quasi systématiquement une femme voilée de la tête aux pieds avec des gants. OUI DES GANTS. Au mois de juillet. Le mois de juillet d'avant le dérèglement des saisons, hein, pas celui où on atteint misérablement le 20°, non non ceux où il fait 35° et où je suis en petite jupe et débardeur. Cette femme me mettait TRÈS TRÈS TRÈS mal à l'aise et je me sentais agressée sans être capable de dire pourquoi.
De plus j'ai le sentiment que les gens qui prennent le bus à 10h ont une place à part dans la société. Entendons nous bien, on a tous pris le bus à 10h. Mais ceux qui le prennent régulièrement sont particuliers : ils ne travaillent pas ou travaillent en horaires décalés. Regardez qui vous entoure à 10h00 : de jeunes mamans, des personnes âgées,... Cette femme rejoignait d'une certaine manière les gens qui sont "à part", les retraités, les inactifs, les travailleurs décalés, tous ceux qui pour une raison ou pour un autre ne sont pas à leur bureau à 10h00. Dans ma bouche, ça n'a rien de péjoratif, j'ai moi même pris le bus à 10h00, et d'une certaine manière j'ai toujours un rythme de travail non conventionnel. Je me suis souvent demandé quelle était son histoire et si son voile la classait d'emblée dans "le groupe de 10h" ou si la raison venait d'ailleurs. Et puis j'ai lu un article de Florence Aubenas dans son livre En France dans lequel elle suivait un groupe de copines voilées qui cherchaient du travail. Et il semblerait que oui le voile catapulte facilement dans "le groupe de 10h". Le point important, c'est que cette femme glaçait tout à coup mon environnement comme le font encore les femmes voilées de la tête aux pieds que je croise. Et qu'à l'époque j'étais incapable de savoir pourquoi.
Et on saute dans la lessiveuse...
L'acte 2 de ma réflexion a concerné les politiques : A peu prêt au même moment, le sujet est revenu sur la scène politique.
Je me souviens d'un prof d'histoire parlant de la Révolution comme d'un tourbillon qui a épuisé les gens. La fatigue revient apparemment souvent dans les témoignages. Et je dois avouer que sur l'histoire du voile, et de la religion plus globalement, je me sens dans le même état. J'ai le sentiment que notre société toute entière a sauté dans une lessiveuse qui nous met tous la tête à l'envers et nous épuise littéralement. On est lessivés.
C'est assez nébuleux, je ne me souviens plus comment le sujet du voile et de la religion est revenu sur la table à la fin des années 2000. En relisant de vieux articles tel celui de l'Obs, du Point ou de Libé il semblerait que ce soit Barack Obama qui ait rallumé le feu. Ce feu ne s'était pas réellement éteint depuis les émeutes de 2005. Ces émeutes n'avaient à l'époque rien de religieux, mais il se trouve que la population touchée par ces émeutes se trouvaient EN PARTIE concernée par les "questionnements religieux" de la société et concernée également par "le groupe de 10h00".
Je me souviens d'avoir brossé un tableau d'ensemble à une amie émigrée au Québec : "tu ne reconnaîtrais pas notre pays. Nous sommes tous à vif. Les pros-voile, ou même les simples musulmans non militants, se sentent légitimement attaqués injustement sur tous les plans et discriminés. Les politiques attisent les tensions et nous les "laïcards" nous nous sentons pris en otages entre les deux. La situation est intenable". Et puis les Printemps Arabes et la Syrie sont arrivés. Paradoxalement je pense que ça n'a pas fait que du mal à la France (par mal je fais bien évidemment allusion à DAECH), car cela a complexifié le sujet. La question n'était plus seulement le voile, mais la religion, la démocratie (notamment à travers l'élection d'un frère musulman en Égypte ou la place d'Ennahda en Tunisie), la guerre l'aspect sectaire des religions, la place des femmes, etc... Par ailleurs le féminisme a connu un certain engouement. Bien que je ne sois pas objective, je me souviens m'être fait la remarque que le mot "féminisme" était rarement autant apparu dans les journaux depuis que je les lisais. Des figures sont apparues telles que les Femen, Osez le féminisme, ou autre... Plus que leur propos, ce que je trouve intéressant c'est la place qu'elles ont gagné (ou qu'on leur a laissé, mais c'est un autre sujet).
La vague est un peu retombée, mais elle a élargie la question de la femme au delà de la question du voile.
A l'heure actuelle le problème est devenu tellement complexe et intègre tellement de dimensions que "ça part dans tous les sens". Je ne me sens donc plus prise dans un étau et d'une certaine manière je respire mieux. Les choix idéologiques (au sens noble du terme) qui s'offrent à moi sont suffisamment nombreux pour parfois me reconnaître dans certaines prises de position que j'assume de relayer. Mais nous sommes tous épuisés par l'hystérie qui prédomine. Et je pense que c'est loin d'être fini.
Pièce en 2 actes
L'acte 3... et bien en fait il n'y a pas d'acte 3. Oui, ce matin quand je me suis levée on annonçait l'incendie volontaire d'une mosquée en Corse. Oui, il y a eu les attentats de Paris. Mais à mon sens ce n'est pas un acte 3, c'est la matérialisation de l'acte 2, sa suite logique. Ça part toujours dans tous les sens, le cour des choses n'a pas réellement changé de sens. Et je voudrais justement en profiter pour réaffirmer justement qu' IL N'Y A PAS D'ACTE 3. On a beaucoup entendu que nous sommes entrés en guerre. Les syriens apprécieront, si il en ont le temps, entre deux barils de TNT. Non, nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes attaqués, peut être, nous avons subis des attentats, c'est un fait, qui nous ont ébranlés, sûrement. Mais nous ne sommes pas en guerre. Pas plus que nous l'étions en 95. Dans le bouleversement (légitime) que nous avons vécu à la suite des attentats, personne n'a parlé de 1995, de Saint-Michel, du GIA. Il faut dire que mes parents ne twittent pas et que c'est leur génération qui a du faire face en 95. Peut être aussi que cette sale guerre civile qui se déroulait de l'autre côté de la Méditerranée et qui avait fini par nous atteindre, on ne voulait pas trop s'y pencher. Ou qu'on a oublié, parce que justement on n'était pas en guerre et que nos vies ont continué. Bref on a parlé de tournant, d'entrée en guerre, etc... mais mon fils va toujours à l'école, j'ai toujours un travail, mon mari n'a pas été mobilisé et les réflexions post 2015 étaient déjà en germe dans les discussions 2014. Pour moi il n'y a pas (encore ?) d'acte 3.
Épilogue
Je m'en voudrais de finir un article sans un petit point Godwin qui me tend les bras. Vous ne l'entendez pas qui nous appelle ? Il frétille en coulisse depuis le début. Alors je vais vous raconter une histoire. C'est l'histoire d'un jeune homme qui va à une fête costumée entre potes. Une fête totalement privée, celles qu'on aime quand on a 19 ans, qu'on célèbre l'anniversaire d'un pote avec du whisky-coca. Oui, on a des goûts pourris en matière d'alcool à 19 ans. J'assume. Et comme on est cool, on respecte le thème de la fête costumée. "Colons et indigènes". Oui c'est douteux, très douteux. Et comme on est con parce qu'on a, non pas 17 mais 19 ans, on veut choquer faire son malin et on prend un costume qui choque vraiment bien. Sauf qu'on est le fils du prince de Galles, que le costume c'est un costume nazi (justement les gars combattus par Ganny), à deux semaines des commémorations de la Shoah. La suite était dans tous les journaux en 2005.
Moralité : non on ne porte pas ce qu'on veut comme on veut. Essayez de vous balader avec une croix gammée sur un tee-shirt ou tout simplement à poil et vous verrez qu'en France on ne porte pas ce qu'on veut sur son corps. Paradoxalement, je pense qu'on vit tous mieux de cette privation de liberté.
Avec tout ça vous ne connaissez toujours pas mon opinion sur le voile. Vous ne comprenez toujours même pas le titre de mon article.
En réalité l'autre jour je regardais mon fils jouer au square avec des copains black blanc beur. Je repensais au discours d'une maman dans le documentaire de Nils et Bertrand Tavernier, De l'autre côté du périf' : "quand on voit les enfants jouer dans la cour il y a des noirs, des blancs, des beurs. Et en grandissant, ils gardent cette solidarité". En 97 cette phrase m'avait marquée et je trouvais que malgré tout, elle reflétait ce que j'avais vécu dans mon école "black blanc beur". Un an après, on célébrait cette aspect là de notre société avec la coupe 98. En voyant mon fils, j'avais le sentiment qu'on était dans l'un des derniers espaces privilégiés de mixité sociale tout en lisant sur mon smartphone la confrontation de deux mondes, les articles sur le 13 novembre 2015. Et je me demandais "Comment en est-on arrivé là ?". Voilà le sujet de mon article, le voile, mais plus globalement "Comment en est-on arrivé là ?" et comment j'en suis arrivée là de ma réflexion. Pour mon opinion sur le voile, il faudra attendre mon deuxième poste.
Si vous avez un peu de temps je vous conseille de regarder De l'autre côté du périf'.
Espace où s'ébattent mes petites réflexions, longues ou courtes, légères ou profondes, universelles ou personnelles...
Affichage des articles dont le libellé est xénophobie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est xénophobie. Afficher tous les articles
samedi 30 avril 2016
lundi 13 octobre 2014
60 millions de français et moi et moi et moi...
Avertissement n°1 : J'ai écrit ce texte il y a un bon moment comme vous le verrez dans les éléments d'actualité qu'il contient. Je ne l'ai pas publié à l'époque car le sujet était très à vif et que le patriotisme est quelque chose de très personnel vécu de manière différente par chacun d'entre nous. Le temps a passé. Nous ne sommes pas une société apaisée loin de là mais la crise économique et politique que nous vivons a un peu changé notre vision du "collectif". En relisant ce texte je me sens toujours en phase avec ce que j'y écrivais. J'ai donc eu envie de le publier. Tel quel.
Avertissement : mon texte est un poste de blog. Il n'a ni les fondements scientifiques, ni la documentation nécessaire, ni l'objectivité d'un article de journal. Il parle de mon pays tel que je le vois et des sentiments et idéaux qui me lient à lui. En ce sens il est plus une tribune qu'un de mes postes de blog classique.
Non je ne parlerai pas de la journée du 8 mars. de toute façon le 8 mars est au féminisme ce que la Saint-Valentin est à l'amour. Chacun a son opinion là dessus et fait de cette journée ce qu'il veut. Par contre j'ai été surprise ! C'est la première fois que j'ai vu autant de choses sur cette journée sur les réseaux sociaux.
Non je vais parler de foot. FRANCE-ESPAGNE WOUUUUUUUUUUUUUUUHOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU. Ce soir chéri, je laisse tomber le rôti, c'est bières-pizzas. D'ailleurs si vous voulez vous prendre un coup de vieux avec moi : cliquez ici
Hem... oui je suis une sportive sur canapé, tous les 4 ans je deviens une spécialiste du curling, j'enfonce Thierry Roland à chaque coupe du monde, j'ai crié moi aussi "VIVAAAAAAAAAAA TSONGAAAAAAAAAA". Il y a peu de sport que je n'aime pas suivre à la télé (l'athlétisme en fait partie je ne sais pas pourquoi. Ainsi que la natation et le cyclisme). Je n'ai jamais vu d'épreuve sportive en vrai (si l'on excepte le kendo et le volley, que j'ai pratiqué) et c'est la honte, mais promis ça fait partie des choses à réaliser avant mes 40 ans. J'adore critiquer, râler, encourager, supporter, sans toucher ma bille, bref je suis française. :-)
L'idée de ce billet m'est venue quand Beckham a été annoncé au PSG. Le PSG mine de rien c'est l'équipe de ma ville (si on considère que Courbevoie est pile au milieu du trajet Paris-Saint Germain donc fait partie du PSG). Et Beckham... c'est Beckham. Je ne suis fan ni de l'un ni de l'autre, je ne suis les exploits ni de l'un ni de l'autre. Mais quand même ça m'a vraiment titillé et j'avais trèèèèèèèèèèèèèèèèès envie de voir ce que donnait Beckham au PSG.
Cette même semaine je cherchais avec mon fils des vidéo de clips ou musiques dansantes sur you tube. Je suis tombée sur Shakira et son inévitable Waka Waka. Et je me surprends alors à penser "en fait ce qui nous faudrait c'est une bonne petite coupe du monde".
Ouais...
Je SAIS que les cyniques vont me dire qu'en période de crise (au cas ou vous l'auriez loupé/oublié on est en crise) du pain et des jeux calment tout le monde, surtout le bon peuple qui oublie de penser. C'est pas faux mais moi j'y vois également autre chose. C'est le moment où on se sent appartenir à un ensemble, une communauté.Un peu comme l'arrivée de Beckham me fait penser "Mais au fait ?! Le Paris Saint-Germain c'est l'équipe de ma ville !!". A mes yeux c'est l'un des côtés positifs du sport.
Les français sont généralement assez peu sensibles à cet aspect. On regarde de haut les américains et leur équipe locale de football. On rigole devant les tenues et cérémonies de remise de prix. Ici les diplômes se reçoivent par la poste, ou on va les chercher dans un bureau anonyme. Je n'ai même pas mon diplôme du bac. L'idée d'appartenance à une groupe (université, ville etc...) est souvent vue comme l'abandon d'un esprit critique et d'une certaine liberté. Et en matière d'esprit critique, le français n'a rien à envier à personne ! On le dit râleur mais en réalité je le trouve cynique. Peut être est-ce la faute d'une philosophie Descartiennes pour qui la croyance n'existe pas et seule la remise en question permets d'atteindre LA Vérité. En France on ne croit pas, on sait. Les choses sont juste ou fausses, mais dans un cas comme dans l'autre la croyance n'a pas sa place. La seule méthode consiste à réfléchir, remettre en question et surtout prendre de la distance. Alors le français aimera par dessus tout remettre en cause, critiquer, à commencer par lui même. Prendre de la distance avec ce qui le caractérise est une démarche idéalisée. Donc notre pays, notre ville, notre université on l'aime au fond, mais on n'oublie surtout pas de la/le critiquer.
Le sentiment d'appartenance à une nation, une ville, un groupe fait directement les frais de cette mentalité.
C'est mon analyse à deux ronds de "pourquoi les américains ont un petit drapeau sur leur maison et pourquoi cela choque les français".
Et moi je suis totalement schizophrène. J'ai été élevée par des descendant de hussards de la république qui écoutaient l'Hexagone de Renaud
Pour ceux qui ne connaissent pas :
Moi aussi je l'aime bien cette chanson. D'autant plus qu'elle se situe dans un contexte bien particulier, à une époque où l'idéologie gaulliste était encore bien présente. Je fais bien sûr référence au fait qu'à la fin de la seconde guerre mondiale, pour faire tenir la France debout et lui permettre de se tenir au milieu de vainqueurs, on en a fait une grande nation résistante et on a utilement rappelé qu'elle était la mère des droits de l'homme. Bref la France était belle, la France était forte et peut être même à sa manière était-elle éternelle.
Pour une petite analyse de cette chanson, merci Wikipédia : L'Hexagone
Mais Renaud avec sa petite chanson n'avait pas l'air d'un con et appuyait là où ça fait bien mal. La France, qui se veut pays des droits l'homme et berceau de l'humanisme est l'un des pays d'Europe à avoir accordé le plus tard le droit de vote aux femmes, envisage le mariage gay après la très catholique Espagne et fut le seul pays à avoir procédé à des exécutions capitales tout en étant membre de Communauté européenne. Ouille, pour le pays de Pascal, de Rousseau, de Voltaire.
Et parfois moi aussi, comme Renaud, je pense que ça fait du bien de rappeler qu'on est les champions de la théorie mais beaucoup moins de la pratique.
Une fois dit cela, je dois avouer que même si c'est un gros mot, je suis probablement une patriote (dans le sens où je suis très attachée à mon pays). Il est plein de défauts, mais il se trouve que c'est le mien. Il n'est pas mieux que celui d'à côté. J'ai beaucoup d'affection pour nos voisins et j'aimerai bien aller vivre quelques années chez eux, mais mon maillot c'est la France. Pour continuer sur les métaphores, peut être que la marseillaise est un chant guerrier, un peu bourrin pas très poétique, mais c'est le seul hymne que je connais.
Récrée !
Fin de la récrée.
Alors j'apprendrais à mes enfants 1789, les institutions française, le bipartisme gaulois, Marianne. Je leur ferai lire les vers d'Aragon, La Rose et le Réséda, un peu pompeux mais pas mal vus.
Et puis comme je suis une républicaine (au sens propre), je les emmènerai voter. Je leur apprendrai le respect des représentants de l'état, parce que l'état c'est le peuple français, le bien commun. Même si l'homme derrière la robe de juge, l'uniforme du policier ou la veste de l'instituteur est un abruti fini.
Je leur dirai que payer des impôts, c'est bien. Les impôts sont la caisse de la communauté que nous formons. Dans notre village gaulois, nous avons décidé des mettre de l'argent en commun, pour faire des choses ENSEMBLES, et construire de manière à ce que ça profite à tous.
Parce que nous avons décidé que nous appartenons tous à une communauté appelée la France, notre village gaulois à nous.
Ce village gaulois, il n'a pas pour but d'exclure les autres, de se défendre des autres, ou de les rabaisser. Il a juste pour but de fonder une communauté où nous vivons ensembles, où nous nous construisons des idées et des valeurs communes. C'est la base de la politique, littéralement "les choses de la cité". En gros j'aimerai bien qu'un jours tous ensembles nous construisions "les choses de notre citée". Et par la même occasion que nous valorisions un peu ce qui nous est commun. Même si ce n'est qu'un maillot de football.
Pourquoi un tel lyrisme ?
Ben parce que le sujet est à la mode et que je n'ai pas beaucoup d'imagination.
Pourquoi à la mode ?
Pour ça :
Et aussi pour ça : Raphaël n'est pas Jean Ferrat (Marianne) (PS : allez jusqu'au bout, le fond de la pensée de l'article est à la fin)
Et surtout pour ça : Lettre ouverte à Raphaël
Ma vision du patriotisme à moi ne considère pas qu'il y a de "bons Français". Mon patriotisme à moi considère que les idéaux "droitdel'hommiste" font partis du patrimoine culturel français et qu'en tant qu'idéaux ils n'ont pas à se confronter avec la réalité mais plutôt à la guider. Et qu'il n'y a donc pas de
"confrontation de vos idéaux droitdel’hommistes avec la réalité", mais une fidélité à des valeurs inscrites sur les frontons des bâtiments publiques, NOS bâtiments publiques. Mon patriotisme à moi, quand il parle de la
"communautarisation de son pays", il prend aussi en compte la communautarisations des idées (oui les idées et les classes sociales débouchent sur des communautés) et se désole de voir les français s'insulter au nom de croyances politiques tout autant ancrées que certaines croyances religieuses.
Mon patriotisme à moi ne se réfugie pas derrière une femme morte depuis 600 ans en défendant des français qui ne savaient même pas qu'ils l'étaient, mais s'intéresse plutôt aux 60 millions de vivants qui sont mes frères parce qu'ils participent à la vie de NOTRE pays.
Le sol de mon patriotisme n'est pas "trempé de larmes et de sang". Le sol de mon patriotisme est la base d'un construction à venir. Voilà pourquoi je ne supporte plus le discours sur le déclin de la France. Nous sommes 60 millions d'hommes et de femmes, nous sommes un pays, nous sommes une richesse infinie.
Une amie franco-grecque me disait au soir du premier tour de la présidentielle de 2002 : "Au fond vous ne vous intéressez pas à la politique parce que ça n'est pas vraiment la crise chez vous. En Grèce ça va tellement mal qu'on ne parle que de ça, partout et que ça passionne les gens." Bon et bien maintenant on y est c'est la crise. Alors, on remonte ses manches ou on continue à se taper dessus ? Parce qu'il y a une coupe du monde à gagner en 2014.
Avertissement : mon texte est un poste de blog. Il n'a ni les fondements scientifiques, ni la documentation nécessaire, ni l'objectivité d'un article de journal. Il parle de mon pays tel que je le vois et des sentiments et idéaux qui me lient à lui. En ce sens il est plus une tribune qu'un de mes postes de blog classique.
Non je ne parlerai pas de la journée du 8 mars. de toute façon le 8 mars est au féminisme ce que la Saint-Valentin est à l'amour. Chacun a son opinion là dessus et fait de cette journée ce qu'il veut. Par contre j'ai été surprise ! C'est la première fois que j'ai vu autant de choses sur cette journée sur les réseaux sociaux.
Non je vais parler de foot. FRANCE-ESPAGNE WOUUUUUUUUUUUUUUUHOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU. Ce soir chéri, je laisse tomber le rôti, c'est bières-pizzas. D'ailleurs si vous voulez vous prendre un coup de vieux avec moi : cliquez ici
Hem... oui je suis une sportive sur canapé, tous les 4 ans je deviens une spécialiste du curling, j'enfonce Thierry Roland à chaque coupe du monde, j'ai crié moi aussi "VIVAAAAAAAAAAA TSONGAAAAAAAAAA". Il y a peu de sport que je n'aime pas suivre à la télé (l'athlétisme en fait partie je ne sais pas pourquoi. Ainsi que la natation et le cyclisme). Je n'ai jamais vu d'épreuve sportive en vrai (si l'on excepte le kendo et le volley, que j'ai pratiqué) et c'est la honte, mais promis ça fait partie des choses à réaliser avant mes 40 ans. J'adore critiquer, râler, encourager, supporter, sans toucher ma bille, bref je suis française. :-)
L'idée de ce billet m'est venue quand Beckham a été annoncé au PSG. Le PSG mine de rien c'est l'équipe de ma ville (si on considère que Courbevoie est pile au milieu du trajet Paris-Saint Germain donc fait partie du PSG). Et Beckham... c'est Beckham. Je ne suis fan ni de l'un ni de l'autre, je ne suis les exploits ni de l'un ni de l'autre. Mais quand même ça m'a vraiment titillé et j'avais trèèèèèèèèèèèèèèèèès envie de voir ce que donnait Beckham au PSG.
Cette même semaine je cherchais avec mon fils des vidéo de clips ou musiques dansantes sur you tube. Je suis tombée sur Shakira et son inévitable Waka Waka. Et je me surprends alors à penser "en fait ce qui nous faudrait c'est une bonne petite coupe du monde".
Ouais...
| rien qu'une toute petite coupe du monde... Allez.... Ou je vous fais la danse |
Je SAIS que les cyniques vont me dire qu'en période de crise (au cas ou vous l'auriez loupé/oublié on est en crise) du pain et des jeux calment tout le monde, surtout le bon peuple qui oublie de penser. C'est pas faux mais moi j'y vois également autre chose. C'est le moment où on se sent appartenir à un ensemble, une communauté.Un peu comme l'arrivée de Beckham me fait penser "Mais au fait ?! Le Paris Saint-Germain c'est l'équipe de ma ville !!". A mes yeux c'est l'un des côtés positifs du sport.
Les français sont généralement assez peu sensibles à cet aspect. On regarde de haut les américains et leur équipe locale de football. On rigole devant les tenues et cérémonies de remise de prix. Ici les diplômes se reçoivent par la poste, ou on va les chercher dans un bureau anonyme. Je n'ai même pas mon diplôme du bac. L'idée d'appartenance à une groupe (université, ville etc...) est souvent vue comme l'abandon d'un esprit critique et d'une certaine liberté. Et en matière d'esprit critique, le français n'a rien à envier à personne ! On le dit râleur mais en réalité je le trouve cynique. Peut être est-ce la faute d'une philosophie Descartiennes pour qui la croyance n'existe pas et seule la remise en question permets d'atteindre LA Vérité. En France on ne croit pas, on sait. Les choses sont juste ou fausses, mais dans un cas comme dans l'autre la croyance n'a pas sa place. La seule méthode consiste à réfléchir, remettre en question et surtout prendre de la distance. Alors le français aimera par dessus tout remettre en cause, critiquer, à commencer par lui même. Prendre de la distance avec ce qui le caractérise est une démarche idéalisée. Donc notre pays, notre ville, notre université on l'aime au fond, mais on n'oublie surtout pas de la/le critiquer.
Le sentiment d'appartenance à une nation, une ville, un groupe fait directement les frais de cette mentalité.
C'est mon analyse à deux ronds de "pourquoi les américains ont un petit drapeau sur leur maison et pourquoi cela choque les français".
Et moi je suis totalement schizophrène. J'ai été élevée par des descendant de hussards de la république qui écoutaient l'Hexagone de Renaud
Pour ceux qui ne connaissent pas :
Moi aussi je l'aime bien cette chanson. D'autant plus qu'elle se situe dans un contexte bien particulier, à une époque où l'idéologie gaulliste était encore bien présente. Je fais bien sûr référence au fait qu'à la fin de la seconde guerre mondiale, pour faire tenir la France debout et lui permettre de se tenir au milieu de vainqueurs, on en a fait une grande nation résistante et on a utilement rappelé qu'elle était la mère des droits de l'homme. Bref la France était belle, la France était forte et peut être même à sa manière était-elle éternelle.
Pour une petite analyse de cette chanson, merci Wikipédia : L'Hexagone
Mais Renaud avec sa petite chanson n'avait pas l'air d'un con et appuyait là où ça fait bien mal. La France, qui se veut pays des droits l'homme et berceau de l'humanisme est l'un des pays d'Europe à avoir accordé le plus tard le droit de vote aux femmes, envisage le mariage gay après la très catholique Espagne et fut le seul pays à avoir procédé à des exécutions capitales tout en étant membre de Communauté européenne. Ouille, pour le pays de Pascal, de Rousseau, de Voltaire.
Et parfois moi aussi, comme Renaud, je pense que ça fait du bien de rappeler qu'on est les champions de la théorie mais beaucoup moins de la pratique.
Une fois dit cela, je dois avouer que même si c'est un gros mot, je suis probablement une patriote (dans le sens où je suis très attachée à mon pays). Il est plein de défauts, mais il se trouve que c'est le mien. Il n'est pas mieux que celui d'à côté. J'ai beaucoup d'affection pour nos voisins et j'aimerai bien aller vivre quelques années chez eux, mais mon maillot c'est la France. Pour continuer sur les métaphores, peut être que la marseillaise est un chant guerrier, un peu bourrin pas très poétique, mais c'est le seul hymne que je connais.
Récrée !
En réalité je connais (à l'oreille) un autre hymne, l'hymne soviétique. Pour les paroles je préfère largement la version yaourt, mais la musique est franchement belle. Et cette vidéo toujours aussi stupide.
Si les non-francophones ont la même chose avec la marseillaise je serais preneuse.
Fin de la récrée.
Alors j'apprendrais à mes enfants 1789, les institutions française, le bipartisme gaulois, Marianne. Je leur ferai lire les vers d'Aragon, La Rose et le Réséda, un peu pompeux mais pas mal vus.
Et puis comme je suis une républicaine (au sens propre), je les emmènerai voter. Je leur apprendrai le respect des représentants de l'état, parce que l'état c'est le peuple français, le bien commun. Même si l'homme derrière la robe de juge, l'uniforme du policier ou la veste de l'instituteur est un abruti fini.
Je leur dirai que payer des impôts, c'est bien. Les impôts sont la caisse de la communauté que nous formons. Dans notre village gaulois, nous avons décidé des mettre de l'argent en commun, pour faire des choses ENSEMBLES, et construire de manière à ce que ça profite à tous.
Parce que nous avons décidé que nous appartenons tous à une communauté appelée la France, notre village gaulois à nous.
Ce village gaulois, il n'a pas pour but d'exclure les autres, de se défendre des autres, ou de les rabaisser. Il a juste pour but de fonder une communauté où nous vivons ensembles, où nous nous construisons des idées et des valeurs communes. C'est la base de la politique, littéralement "les choses de la cité". En gros j'aimerai bien qu'un jours tous ensembles nous construisions "les choses de notre citée". Et par la même occasion que nous valorisions un peu ce qui nous est commun. Même si ce n'est qu'un maillot de football.
Pourquoi un tel lyrisme ?
Ben parce que le sujet est à la mode et que je n'ai pas beaucoup d'imagination.
Pourquoi à la mode ?
Pour ça :
Et aussi pour ça : Raphaël n'est pas Jean Ferrat (Marianne) (PS : allez jusqu'au bout, le fond de la pensée de l'article est à la fin)
Et surtout pour ça : Lettre ouverte à Raphaël
Ma vision du patriotisme à moi ne considère pas qu'il y a de "bons Français". Mon patriotisme à moi considère que les idéaux "droitdel'hommiste" font partis du patrimoine culturel français et qu'en tant qu'idéaux ils n'ont pas à se confronter avec la réalité mais plutôt à la guider. Et qu'il n'y a donc pas de
"confrontation de vos idéaux droitdel’hommistes avec la réalité", mais une fidélité à des valeurs inscrites sur les frontons des bâtiments publiques, NOS bâtiments publiques. Mon patriotisme à moi, quand il parle de la
"communautarisation de son pays", il prend aussi en compte la communautarisations des idées (oui les idées et les classes sociales débouchent sur des communautés) et se désole de voir les français s'insulter au nom de croyances politiques tout autant ancrées que certaines croyances religieuses.
Mon patriotisme à moi ne se réfugie pas derrière une femme morte depuis 600 ans en défendant des français qui ne savaient même pas qu'ils l'étaient, mais s'intéresse plutôt aux 60 millions de vivants qui sont mes frères parce qu'ils participent à la vie de NOTRE pays.
Le sol de mon patriotisme n'est pas "trempé de larmes et de sang". Le sol de mon patriotisme est la base d'un construction à venir. Voilà pourquoi je ne supporte plus le discours sur le déclin de la France. Nous sommes 60 millions d'hommes et de femmes, nous sommes un pays, nous sommes une richesse infinie.
Une amie franco-grecque me disait au soir du premier tour de la présidentielle de 2002 : "Au fond vous ne vous intéressez pas à la politique parce que ça n'est pas vraiment la crise chez vous. En Grèce ça va tellement mal qu'on ne parle que de ça, partout et que ça passionne les gens." Bon et bien maintenant on y est c'est la crise. Alors, on remonte ses manches ou on continue à se taper dessus ? Parce qu'il y a une coupe du monde à gagner en 2014.
Inscription à :
Articles (Atom)