Voilà un poste que je n'aurais jamais imaginé écrire il y a 7 ans.
Mais avant tout je vous conseille la lecture de cet article, qui se contente de raconter une histoire sur la pilule.
Ce noël que Sophie 21 ans a failli ne jamais fêter.
Mon histoire :
Il y a 7 ans j'allais chez le médecin de temps en temps pour mes allergies, une angine, une petite question sur mon poids (parfait à l'époque). Mon médecin représentait pour moi la même chose qu'un cordonnier habile, une secrétaire d'université accommodante etc... Il était là pour des petits soucis techniques basiques, me signer le bon papier et puis basta. Je l’appréciais et c'est tout.
Et il y a 7 ans j'ai rencontré mon compagnon (malgré notre mariage, je reste attachée à ce terme) porteur d'une malade orpheline (moins de 1000 cas en France je crois).
Je suis alors rentrée dans le monde des médecins. Au départ cela n'a eu aucune incidence, je n'ai rien remarqué sinon qu'en général nous en savions plus sur sa maladie que les médecins souvent incapables de prononcer son nom. Il a fallu vivre avec quelques questions sans réponses (toujours difficile pour moi pour qui "savoir c'est pouvoir"). Mais bon on avait le temps, on s'en moquait.
Et puis un soir, la douleur est arrivée, la fièvre, l'inquiétude, les urgences. J'étais persuadée que cela avait un rapport avec sa maladie. Mais la jeune interne nous a renvoyé à la maison avec rien d'autre que "une petite infection de la peau" et un médicament, avec un rassurant "consultez dans 3 jours si ça ne va pas mieux".
Mon compagnon avait 40° de fièvre vomissait de douleur et n'était pas toujours conscient. Alors j'ai décidé de me remuer, de rameuter ceux que je connaissais, de chercher ceux qui pouvaient confirmer ou infirmer mon intuition. J'ai fini par trouver et il s'est avéré que mon mari avait un infection extrêmement grave qui était en train de dégénérer en septicémie et que nous avions que quelques heures pour agir. Il a été soigné et s'en est sorti sans séquelles. Le diagnostique a été posé par téléphone par quelqu'un qui ne voyait pas le patient mais qui a su simplement m'écouter.
Et moi j'ai appris qu'il ne faut pas toujours écouter un médecin et que ça peut vous sauver la vie.
Par la suite c'est ma santé qui s'est dégradée par petites touches. Mais rien de grave selon le médecin car tout rentrait dans l'ordre.
Puis mon fils est né et ce fût une boucherie. Mais chaque pédiatre, gynécologue, médecin y allait de son commentaire "heureusement que vous étiez dans cet hôpital, là-bas ils réaniment vite est bien.", "vous savez c'est très fréquent", " les réactions de votre corps sont normales elles correspondent à celles qu'on peut constater chez les victimes de viol". J'ai appris qu'on pouvait être diplômé du même endroit, avoir fait les même études et dire des choses totalement opposées. Et que j'allais devoir faire mon tri.
Ma santé continuait à se dégrader. J'étais méconnaissable, j'avais pris 9 kg en 3 mois (20kg sur 7 ans), je pouvais dormir 12h par nuit + 3 heures de sieste et être épuisée, alterner les bouffées de chaleurs et bien d'autre symptômes plus gênants... Et quand je demandais de l'aide, on me prescrivait des examens et... rien. On m'a même dit "je ne vais pas vous envoyer voir un endocrinologue, vous le dérangeriez pour rien".
J'ai fini par taper du poing sur la table. Et j'ai trouvé une personne à mon écoute... qui m'a envoyée voir le fameux spécialiste trouvant qu'un deuxième avis dans un domaine qui n'était pas le sien ne serait pas perdu. Et ce dernier m'a immédiatement demandé "mais pourquoi n'êtes vous pas venue plus tôt ?".
La médecine a pris une grosse place dans ma vie, une place que je n'aurais pas imaginée il y a 7 ans. Peut être que c'est ça de vieillir. En tout cas je sais maintenant qu'un bon carnet d'adresse peut sauver/changer une vie. Je sais qu'une équipe à l'écoute et compétente lors d'un moment difficile peut changer la donne aussi bien physiquement que psychologiquement (encore merci à Necker, au passage !).
J'ai surtout appris qu'un médecin a peut être fait des années de médecine mais que je vis avec mon corps depuis 30 ans et le connait comme personne et qu'il est fondamentale de suivre mon intuition. Je sais que beaucoup m'ont cru hypocondriaque mais je sais aussi qu'une toute petite pilule (le lévothyroxe pour ne pas la nommer) a changé la donne et m'a donné raison.
Malheureusement cela reste un parcours du combattant.
Ce parcours, certains le perdent. Mon grand-père est décédé trois jours après être sorti de l’hôpital. Il ne mangeait plus, ne marchait, plus ne pouvait plus s'assoir, ni boire un verre d'eau. Mais ses résultats était bons. Mon grand père est donc mort en bonne santé. Cela faisait trois mois que nous tirions la sonnette d'alarme. On alternait les moments de doute ("est-il gravement malade ?" "Se moque-t-il de nous ?" "Est-ce psychologique ?" "Les médecins nous cachent-ils quelque chose ?"...), lui même était terrifié. Ma grand-mère se pose toujours des questions et se demande encore si il a "lâché l'affaire" ou si il a juste trouvé plus fort que lui et si elle n'aurait pas pu faire mieux.
Pour rire un peu :
Il y a aussi le versant rigolo de ces pratiques. Je n'oublierai JAMAIS ce jeune étudiant en médecine voulant faire le fier, qui m'a fait tout un cours/sermon sur mon supposé diabète de grossesse et qui s'est avéré incapable de poser un monitoring ni même de repérer ou était la tête et le dos de mon bébé de 4kg. J'ai eu la charité de ne pas le faire à sa place (à 9 mois de grossesse je maîtrisais pas trop mal le truc sur mon propre corps avec mon propre bébé), car je ne voulais pas trop l'humilier. En réalité j'aurais peut être du. En tout cas ce souvenir me redonne toujours le sourire quand l'attente est trop longue en salle d'attente.
Ou encore cette visite chez le pédiatre :
- Il a quoi ?
- Je ne sais pas mais ça va pas.
- Température ?
- 37.5°
- Il mange ?
- Que du sucré depuis trois jours, mais il descend.
- Il dort ?
- Pas moins que d'habitude.
- Symptômes ?
- Ben il tousse. Rarement mais à chaque fois il a un peu de mal à trouver de l'air. Rien de vraiment inquiétant. Les yeux coulent un peu mais seulement depuis une heure. Bref je sais vraiment pas mais je sens que ça ne va pas.
*moue dubitative.
/ausculte mon fils
-bon ben double otite dont une purulente à droite, laryngite purulente, bronchite asmathiforme, et ah oui j'oubliais il y a aussi une conjonctivite purulente. Vous avez finalement bien fait de venir.
Mes conclusions et mon avis sur cette fameuse pilule :
Pourquoi raconter tout cela ? Parce que c'est important d'avoir l'envers du décors. Il y a plus de patients que de médecins alors intéressons nous à ce qu'ils vivent. Mourir quand on est une personne âgée est une chose. Mourir en bonne santé en laissant une trainée de questions, en est une autre. Oui la manière de faire compte et c'est justement cette manière qui devrait être à la base et dont on ne parle malheureusement jamais.
Alors aujourd'hui face à ce débat sur les pilules 3ème et 4ème génération, je pense que l'on se trompe. Le problème n'est pas d'informer ni de limiter encore moins d’interdire. Le problème c'est avant tout d'écouter. Et de ne pas laisser repartir une jeune fille à qui on a demandé 30 flexions et qui est incapable de les exécuter. En effet si on demande un examens ce n'est pas pour nier ses résultats.
Il faut donc écouter les corps et écouter les patients. Combien de cours en école d'infi. ou en fac de médecine sont consacrés à l'écoute ? Lorsqu'on apprend à poser un diagnostique y a-t-il un chapitre sur la parole du patient ? Et si oui c’est combien de % dans l'établissement du diagnostique final ?
Le problème n'est pas la pilule en elle même, car comme tout médicament elle comporte des risques, et globalement on le sait toutes. Le problème c'est la manière dont est recueilli la parole du patient et le dialogue qui s’établit avec lui. Le médecin a une connaissance générale et le patient une connaissance particulière. A eux deux ils doivent former une équipe, car se battre contre les médecins est aussi épuisant qu'être malade et laisse autant de traces. J'y ai personnellement perdu pas mal de plumes.
Mais pourquoi personne, dans ce débat, n'a-t-il rappelé que ces jeunes filles sont mortes (ou ont failli l'être) de ne pas avoir été écoutées ?
Sur ce je vous souhaite une année 2013 sans médecin. Car de bons médecins c'est bien mais sans médecin c'est mieux ;-)
Espace où s'ébattent mes petites réflexions, longues ou courtes, légères ou profondes, universelles ou personnelles...
Affichage des articles dont le libellé est corps. Afficher tous les articles
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jeudi 3 janvier 2013
vendredi 16 novembre 2012
De la libération sexuelle... ou pas.
Ok c'est un thème que j'aborde souvent. Ok après avoir dit que je voulais du contenu et pas un blog creux, je vais faire un post de quelques lignes... Mais en me relisant je suis retombée sur mon post au sujet de Gerhard Richter et j'ai revu le tableau Ema.
Or j'ai appris, que la publication de ce tableau sur FB sur la page du Centre Pompidou a déclenché une vraie bataille rangée. A cause des droits d'auteurs ? Noooooooooooooooooooon ! A cause de cette peinture-moderne-très-nulle-que-mon-fils-de-3-ans-pourrait-faire-pareil ? Nooooooooooooooon !
Cette bataille a commencé quand Facebook a retiré l'image, estimant qu'elle était indécente. Il avait d'ailleurs fait de même, quelques temps plus tôt ,avec l'Origine du Monde de Courbet (à qui on s'est empressé de trouver un titre philosophique pour fait passer le côté pornographique du tableau). Voici un petit résumé (très court) de l'affaire : "Richter, exposé à Beaubourg, censuré sur Facebook... puis réintégré !"
Pour mémoire je vous remets la belle Ema :
A ce sujet je lisais un poste de blog faisant remarquer que nos mœurs n'étaient pas plus libres qu'autrefois mais que la censure avait juste changée de visage et pour preuve ce poste citait Ema et cette fameuse bataille.
Je me suis alors rappelé qu'une discussion avec ma grand mère avait fait volé en éclat mes présupposés : ses amies avaient une vie sentimentales et familiale bien plus complexe que toutes celles que je connaissais. Sous des dehors très cadenassés, la société était finalement à l'époque bien plus libre qu'on ne l'imagine.
Et si finalement nous étions tout aussi libre qu'avant, avec les mêmes problématiques et les mêmes sentiments ? Et si la censure était tout aussi présente ?
D'ailleurs à quand remonte la dernière fois où une page internet a refusé de s'ouvrir sur votre pc, parce que son contenu n'était pas considéré comme approprié par votre employeur ? Moi, c'était ce midi. Un poste de l’hilarant et inoffensif De l'édition.
Or j'ai appris, que la publication de ce tableau sur FB sur la page du Centre Pompidou a déclenché une vraie bataille rangée. A cause des droits d'auteurs ? Noooooooooooooooooooon ! A cause de cette peinture-moderne-très-nulle-que-mon-fils-de-3-ans-pourrait-faire-pareil ? Nooooooooooooooon !
Cette bataille a commencé quand Facebook a retiré l'image, estimant qu'elle était indécente. Il avait d'ailleurs fait de même, quelques temps plus tôt ,avec l'Origine du Monde de Courbet (à qui on s'est empressé de trouver un titre philosophique pour fait passer le côté pornographique du tableau). Voici un petit résumé (très court) de l'affaire : "Richter, exposé à Beaubourg, censuré sur Facebook... puis réintégré !"
Pour mémoire je vous remets la belle Ema :
A ce sujet je lisais un poste de blog faisant remarquer que nos mœurs n'étaient pas plus libres qu'autrefois mais que la censure avait juste changée de visage et pour preuve ce poste citait Ema et cette fameuse bataille.
Je me suis alors rappelé qu'une discussion avec ma grand mère avait fait volé en éclat mes présupposés : ses amies avaient une vie sentimentales et familiale bien plus complexe que toutes celles que je connaissais. Sous des dehors très cadenassés, la société était finalement à l'époque bien plus libre qu'on ne l'imagine.
Et si finalement nous étions tout aussi libre qu'avant, avec les mêmes problématiques et les mêmes sentiments ? Et si la censure était tout aussi présente ?
D'ailleurs à quand remonte la dernière fois où une page internet a refusé de s'ouvrir sur votre pc, parce que son contenu n'était pas considéré comme approprié par votre employeur ? Moi, c'était ce midi. Un poste de l’hilarant et inoffensif De l'édition.
mardi 11 septembre 2012
Je suis une salope...
Voici ma déclaration du jour : je suis une salope.
Explications.
J'ai découverts, grâce à cette sommité du féminisme qu'est Grazia, qu'il existe une mode, le "slut shaming", pudiquement traduit par "la stigmatisation des salopes".
L'idée générale c'est que certains hommes et certaines femmes dénigrent certaines "en raison de leur tenue ou de leurs pratiques sexuelles". Bref : honte à celle qui couche, à celle qui exhibe décolletés et minis jupes etc... Parmi ces idées circulent aussi le lieu commun suivant "si elle s'est faite violée c'est parce qu'elle avait une tenue provocante".
Voilà pour les définitions.
Cette question rejoint une discussion que j'ai eu récemment avec des amis sur la question du lien entre les vêtements et le sexe. L'un de mes amis, père d'une petite fill,e était ennuyé que certaines jeunes filles lancent avec leurs vêtements un message qu'elles ne maîtrisent pas forcément. Nous sommes tombés d'accord sur le fait que les vêtements sont un langage et qu'on ne parlent pas tous la même langue. Et pour tout dire, moi aussi je suis très gênée de voir des fillettes de 7 ans avec un string. OUI il y a actuellement une sexualisation des petites filles. Mais la limite entre petite fille et jeune fille est d'autant plus difficile à distinguer que le statut de l'enfant a évolué et que la sexualité/séduction enfantine est maintenant communément admise. Très concrètement : à partir de quand estime-t-on qu'une jeune fille sait ce qu'elle fait quand elle met un string ? Et pourquoi moi, qui m'auto-proclame "salope", je refuserais d'acheter un string à ma petite fille ou de la transformer en fantasme vivant pour pédophile ? "Fais ce que je dis pas ce que je fais" ? Jusqu'à quel age ?
La question des habits et du lien qu'ils entretiennent avec la sexualité est donc complexe.
Néanmoins il reste quelques fondamentaux qui font que quoi qu'il arrive je me classe avec joie dans la catégorie des salopes.
Tout d'abord, à celles qui disent "hey les filles, vous savez que vos seins théoriquement vont sous le tee-shrit" je me joins à d'autres pour répondre que mes seins vont strictement où JE le veux. Concrètement n'est-ce pas disposer de moi même que de décider de ce que je fais de mes seins ? Et disposer de son propre corps n'est-ce pas la liberté n°1 ? Bizarrement quand on parle de liberté de corps, on pense "prison" "esclavage". Mais l'idée que s'habiller comme on le souhaite soit disposer de son corps, ne vient pas à l'esprit.
Ensuite concernant les pratiques sexuelles, je me contenterai de répéter ce que l'on m'a toujours appris "tout ce que tu veux tant que c'est entre adultes consentants". L'appétit sexuel influerait-il sur les neurones ? Serait-on incapable de se conduire correctement, de savoir faire la part des choses sous prétexte qu'on aime (ou pas) le sexe ? Mais surtout on revient sur la vieille image malheureusement toujours d'actualité : Une femme qui couche est une salope, un homme qui couche est un séducteur. Je pensais que c'était passé, que c'était un lieu commun stupide et éculé, visiblement pas.
Enfin moi je trouve que comme toujours les grands oubliés, ce sont les hommes. Dès qu'on se penche sur les problèmes dit "de femme", les hommes disparaissent du paysage. Je rêve que l'on demande à un homme comment concilier travail et enfants ou si ils n'ont pas peur d'être agressés en étant torse nus. Car OUI les hommes torse nu ou qui laissent apparaitre leurs tétons à travers le tee-shirt ne sont-ils pas des porcs ? Pourquoi notre société a-t-elle fini par admettre qu'une femme torse nu c'est mal mais qu'un homme torse nu c'est... banal (sauf au mois de décembre). Et nos charmants petits porcelets n'ont-ils pas peur de se faire agresser ? Car enfin la femme n'est pas sans appétit à ce niveau là et pourrait très bien considérer qu'un homme torse nu c'est "open bar" tout comme de nombreux hommes considèrent qu'une femme (habillée) dans le métro, c'est "open bar". Et ceux, comme maître Eolas, qui se réjouissent de l'arrivée des beaux-jours pour cause de débardeurs n'en ont-ils pas assez du slut bashing, du énième chapitre de la guerre entre ceux qui pensent qu'on peut vivre en bonne intelligence contre ceux qui veulent préserver... Préserver quoi ? Euuuuh je ne sais pas. La pudeur des autres, peut-être.
Enfin quand on les dit incapables de se contrôler, nos hommes, j'ai bien l'impression qu'on les castre, qu'on les dénigre. Les hommes ne seraient que ces êtres stupides gouvernés uniquement par leur queue et leurs instincts, incapables de faire appel à leur raison. Désolée mais moi je les aime trop pour les considérer comme tel. Pour moi un violeur est un violeur parce qu'il a décider de passer à l'acte et pas parce que c'est inscrit dans ses gènes ou parce qu'il est un homme.
Il fut pourtant une période où une femme pouvait se promener les seins à l'air (pour de vrai !) sans que "ça m'en touche une sans faire bouger l'autre" (comme dirait le plus poétique des machos). Ça n'est pas si lointain (nos parents, grands parents, pour les plus jeunes). Alors dites moi, que s'est-il passé pour que ce qui était admis autrefois ne le soit plus aujourd'hui ?
Si vous voulez mon avis, c'est à cette dernière question qu'il faudrait d'urgence répondre.
Un petit tumblr pour la slut pride
Le site de grazia : http://www.grazia.fr/ (ou l’article devrait bien finir par apparaitre)
Explications.
J'ai découverts, grâce à cette sommité du féminisme qu'est Grazia, qu'il existe une mode, le "slut shaming", pudiquement traduit par "la stigmatisation des salopes".
L'idée générale c'est que certains hommes et certaines femmes dénigrent certaines "en raison de leur tenue ou de leurs pratiques sexuelles". Bref : honte à celle qui couche, à celle qui exhibe décolletés et minis jupes etc... Parmi ces idées circulent aussi le lieu commun suivant "si elle s'est faite violée c'est parce qu'elle avait une tenue provocante".
Voilà pour les définitions.
Cette question rejoint une discussion que j'ai eu récemment avec des amis sur la question du lien entre les vêtements et le sexe. L'un de mes amis, père d'une petite fill,e était ennuyé que certaines jeunes filles lancent avec leurs vêtements un message qu'elles ne maîtrisent pas forcément. Nous sommes tombés d'accord sur le fait que les vêtements sont un langage et qu'on ne parlent pas tous la même langue. Et pour tout dire, moi aussi je suis très gênée de voir des fillettes de 7 ans avec un string. OUI il y a actuellement une sexualisation des petites filles. Mais la limite entre petite fille et jeune fille est d'autant plus difficile à distinguer que le statut de l'enfant a évolué et que la sexualité/séduction enfantine est maintenant communément admise. Très concrètement : à partir de quand estime-t-on qu'une jeune fille sait ce qu'elle fait quand elle met un string ? Et pourquoi moi, qui m'auto-proclame "salope", je refuserais d'acheter un string à ma petite fille ou de la transformer en fantasme vivant pour pédophile ? "Fais ce que je dis pas ce que je fais" ? Jusqu'à quel age ?
La question des habits et du lien qu'ils entretiennent avec la sexualité est donc complexe.
Néanmoins il reste quelques fondamentaux qui font que quoi qu'il arrive je me classe avec joie dans la catégorie des salopes.
Tout d'abord, à celles qui disent "hey les filles, vous savez que vos seins théoriquement vont sous le tee-shrit" je me joins à d'autres pour répondre que mes seins vont strictement où JE le veux. Concrètement n'est-ce pas disposer de moi même que de décider de ce que je fais de mes seins ? Et disposer de son propre corps n'est-ce pas la liberté n°1 ? Bizarrement quand on parle de liberté de corps, on pense "prison" "esclavage". Mais l'idée que s'habiller comme on le souhaite soit disposer de son corps, ne vient pas à l'esprit.
Ensuite concernant les pratiques sexuelles, je me contenterai de répéter ce que l'on m'a toujours appris "tout ce que tu veux tant que c'est entre adultes consentants". L'appétit sexuel influerait-il sur les neurones ? Serait-on incapable de se conduire correctement, de savoir faire la part des choses sous prétexte qu'on aime (ou pas) le sexe ? Mais surtout on revient sur la vieille image malheureusement toujours d'actualité : Une femme qui couche est une salope, un homme qui couche est un séducteur. Je pensais que c'était passé, que c'était un lieu commun stupide et éculé, visiblement pas.
Enfin moi je trouve que comme toujours les grands oubliés, ce sont les hommes. Dès qu'on se penche sur les problèmes dit "de femme", les hommes disparaissent du paysage. Je rêve que l'on demande à un homme comment concilier travail et enfants ou si ils n'ont pas peur d'être agressés en étant torse nus. Car OUI les hommes torse nu ou qui laissent apparaitre leurs tétons à travers le tee-shirt ne sont-ils pas des porcs ? Pourquoi notre société a-t-elle fini par admettre qu'une femme torse nu c'est mal mais qu'un homme torse nu c'est... banal (sauf au mois de décembre). Et nos charmants petits porcelets n'ont-ils pas peur de se faire agresser ? Car enfin la femme n'est pas sans appétit à ce niveau là et pourrait très bien considérer qu'un homme torse nu c'est "open bar" tout comme de nombreux hommes considèrent qu'une femme (habillée) dans le métro, c'est "open bar". Et ceux, comme maître Eolas, qui se réjouissent de l'arrivée des beaux-jours pour cause de débardeurs n'en ont-ils pas assez du slut bashing, du énième chapitre de la guerre entre ceux qui pensent qu'on peut vivre en bonne intelligence contre ceux qui veulent préserver... Préserver quoi ? Euuuuh je ne sais pas. La pudeur des autres, peut-être.
Enfin quand on les dit incapables de se contrôler, nos hommes, j'ai bien l'impression qu'on les castre, qu'on les dénigre. Les hommes ne seraient que ces êtres stupides gouvernés uniquement par leur queue et leurs instincts, incapables de faire appel à leur raison. Désolée mais moi je les aime trop pour les considérer comme tel. Pour moi un violeur est un violeur parce qu'il a décider de passer à l'acte et pas parce que c'est inscrit dans ses gènes ou parce qu'il est un homme.
Il fut pourtant une période où une femme pouvait se promener les seins à l'air (pour de vrai !) sans que "ça m'en touche une sans faire bouger l'autre" (comme dirait le plus poétique des machos). Ça n'est pas si lointain (nos parents, grands parents, pour les plus jeunes). Alors dites moi, que s'est-il passé pour que ce qui était admis autrefois ne le soit plus aujourd'hui ?
Si vous voulez mon avis, c'est à cette dernière question qu'il faudrait d'urgence répondre.
Un petit tumblr pour la slut pride
Le site de grazia : http://www.grazia.fr/ (ou l’article devrait bien finir par apparaitre)
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